Beyrouth ou Le Paris du Moyen-Orient

Beyrouth – بيروت

C’est au Liban que Meydane décide de poser sa deuxième halte.
Et, plus spécifiquement à Beyrouth, actuelle capitale du pays du Cèdre.

Résultat de recherche d'images pour "beyrouth carte"Entre mer et montagne, cette magnifique ville compte aujourd’hui 2,1 millions d’habitants, presque la moitié de la population libanaise, sur une surface de 20km².

Beyrouth comme de nombreuses villes de la région a une histoire assez ancienne et complexe. Construite sous le nom de Bérythos pendant la civilisation phénicienne, elle est ensuite conquise par l’Empire romain qui y fonde l’une des premières écoles de droit. En 1291, c’est dans les mains des mamelouks que tombe la ville pour ensuite atterrir dans celles des ottomans. En 1840, la ville est en plein conflit égypto-ottoman. Un bombardement anglais, allié des égyptiens, détruit la ville à cette époque. Enfin, lorsque l’empire Ottoman est défait, c’est sous la tutelle de la France que la ville est placée pour ensuite obtenir son indépendance en 1943. Néanmoins, en 1975, la guerre civile éclate et plonge le pays, ainsi que Beyrouth (la ville est dès lors divisée religieusement : à l’ouest les musulmans et à l’est les chrétiens), dans le tourment pendant 15 ans. Après 1990, Beyrouth se reconstruit peu à peu mais retombe très vite dans le chaos avec le conflit Israélo-Libanais et notamment la présence du Hezbollah au Sud de la ville.

Outre, ce passé conflictuel, Beyrouth est également une ville où les grandes confessions se rencontrent et cohabitent.

Par ailleurs, Beyrouth est également l’une des destinations favorites des pays voisins en ce qui concerne le divertissement !

Que faire à Beyrouth ?

Beyrouth est donc l’une des villes du divertissement du Moyen-Orient et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, elle accueille chaque année plusieurs festivals, de toutes sortes, et ce tout au long de l’année !

Voici un petit aperçufestival-beyrouth

Elle est aussi le lieu où les galeries d’arts aiment s’installer et exposer. Par ailleurs, la ville regorge également de sites culturels, de musées, de cinémas, de théâtre mais aussi d’un casino !

Pour la vie nocturne ?

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C’est pour celle-ci que Beyrouth est la plus en vogue ! Discothèques, boites de nuits et restaurants sont là pour vous accueillir ! Dans quels quartiers ? Monnot, Verdun, Hamra, Gemmayzé, Badaro et au centre-ville. Si la fête n’est pas trop votre truc, vous pouvez toujours profiter d’une balade sur l’une des corniches de Beyrouth !

Quelles religions à Beyrouth ?

Outre, la fête, c’est également l’aspect multiconfessionnel de la ville qui attire les visiteurs. Chrétiens Orthodoxes, maronites, juifs mais aussi musulmans cohabitent dans cette ville de 20 km². Avec l’Egypte, le Liban est le pays arabe (même du Moyen-Orient) où Résultat de recherche d'images pour "beyrouth lieux de culte"les chrétiens représentent une part importante de la population. Pour vous dire, le Président du Liban est un chrétien maronite obligatoirement !

Ainsi lors d’une balade dans la ville vous pourrez croiser la route des différents lieux de cultes de ces confessions comme : la cathédrale maronite Saint George, la mosquée Mohammad Amine, la cathédrale grecque orthodoxe Saint George ou bien la Synagogue Maghen Abraham.

La 3ème année à Beyrouth ?

Quatre universités/Instituts s’offrent à vous :

  • American University of Beyrouth (AUB) : université Anglophone où les frais administratifs s’élèvent à 500 €. Malgré cela, le cadre de cette université est magnifique puisqu’elle est située dans le quartier Hamra face à la mer.
  • Institut Français du Proche-Orient (IFPO) : réservé aux élèves ayant un niveau arabe B2 (niveau certifié par un test préalable). L’institut ne donne que des cours d’arabe. C’est donc une année intensive exclusivement en arabe qui vous attend.
  • Lebanese American University (LAU) : université anglophone dont le campus est assez petit mais malgré tout possède un très grand charme. Elle est située en plein cœur de Hamra et à 7 minute de la corniche.
  • Université Saint Joseph (USJ) : Université cette fois-ci francophone. Les cours sont donc dispensés en français ! L’université dispose de plusieurs campus dans la ville en fonction des départements.

La vie ?

Commençons par le point important lorsqu’on va dans un pays : le logement

(Oui, la nourriture vient après…)

Pour trouver un logement, il est plus facile de le faire via des connaissances ou même via des groupes sur Facebook comme « Apartments in Beirut for Renters and Rentees ». De plus, la colocation est fortement conseillée car le prix de l’immobilier a plus que doublé de par la forte immigration syrienne. Mais même dans une collocation, il faudra compter entre 300 $ et 500$ (parfois avec charges parfois sans). A savoir aussi que les coupures d’électricités sont courantes et que le débit internet est très très trèèès lent (même dans les universités ou sur un forfait téléphonique).

Vous vous demandez sans doute pourquoi nous parlons en dollars ? Et bien tout simplement parce qu’à Beyrouth, il faudra que vous jongliez avec le dollar américain et la livre libanaise, qui sont les deux monnaies utilisées.

Ainsi 1 € = 1,064 $ américain et 1 € = 607,491 L.L

Résultat de recherche d'images pour "beyrouth bus"Pour ce qui est des transports, il y existe de nombreuses lignes de bus coûtant environ 1000 L.L pour un trajet. Si vous préférez le taxi optez pour celui partagé et non pour le classique. Le partagé vous coûtera environ 5 fois moins que le classique qui s’y vous parlez en anglais ou en français vous fera une facture d’autant plus élevée.

D’ailleurs, si vous le pouvez pratiquer autant se faire se peut l’arabe. D’une part cela sera très apprécié par la population locale et d’autre part les taxis ou vendeurs d’épicerie ne vous ferons pas payer (normalement) le prix fort.

Pour ce qui est de la nourriture, manger sur le pouce vous reviendra moins cher que de faire les courses dans un grand supermarché. Mais sachez, toutefois, que si vous optez pour le grand supermarché il vaut mieux aller à celui libanais que celui étranger (beaucoup plus cher de par la taxation sur les produits importés). Comptez tout de même 200$ par mois pour le budget nourriture.

D’ailleurs, on mange quoi ?

Au petit dej’ c’est soit salé soit sucré (mais la plupart du temps c’est tout de même plus salé que sucré)

petit-dej-libanais

minaqish

Le repas le moins cher pour tout étudiant est le manaqish (pain agrémenté de plusieurs choses : épices, viande ou fromage)

pRésultat de recherche d'imagesuis le chawarma

Ensuite, il y a bien sur les incontournable mezzes !

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Il existe également une diversité de plat libanais comme le chich taouk, le mechwi, le kébbé, le barak ou bien les plats en sauce ou à base de lentilles ou de poissons.

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En dessert, il ne faut surtout pas oublier la pâtisserie libanaise 😉

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Pour voyager ?

A l’intérieur du Liban, il est facile de voyager en bus et même de louer une voiture si vous avez plus de 20 ans et le permis (bien sûr). De nombreux coin du Liban sont à voir et à visiter. Néanmoins, prenez tout de même des précautions si vous vous aventurez dans les zones du Sud ou près de la frontières syriennes.

A l’extérieur du Liban, les prix varieront en fonction de votre destination. Sachez tout de même que le billet pour retourner en France vous coutera plus cher qu’un billet pour aller dans un pays voisin.

Pour le visa ?

Possibilité de le faire sur place ou sur Paris à l’ambassade du Liban. Il faut compter environ 125 euros et les démarches prennent du temps. Et pour ceux optant pour le sur place, sachez que vous partirez avec le système touristique et qu’une fois sur place, il faudra le renouveler tous les trois mois en sortant et entrant sur le territoire.

Bonus : Petits conseils des Anciens

Nathan Michel : « Cette conversion compliquée de l’euro à la livre libanaise est à oublier. La livre est fixée au prix du dollar : 1$ = 1500 L.L, c’est bien plus simple !
Aussi pour les loyers, tout dépend de votre zone. Si vous logez près de l’USJ ou l’IFPO à Achrafieh c’est bien moins cher que Hamra, où vous ne trouverez rien de décent à moins de 550/600 avec toutes vos charges !
Dernière chose et pas des moindres, la prise de tête du visa. Faire un visa long séjour est possible, mais très cher, sans compter le billet sous la table pour accélérer les procédures, c’est très prise de tête. La plupart font le renouvellement du visa touristique en effet et sortie de territoire tous les trois mois. Mais cette année, et je vous suggère de vous renseigner dessus, on a pu rester sur le territoire plus longtemps que ces 3 mois, je vous le concède un peu dans l’illégalité, et nous faisons un exit visa à la sûreté générale même si nous avons dépassé, et ce pour seulement 50000 LL (33$) à chaque fois. Renseignez vous tout de même en arrivant car cela peut changer d’une année sur l’autre ! « 

A la découverte de la Victorieuse

Le Caire

Aujourd’hui, c’est un voyage en Egypte, au sein de la capitale, que Meydane vous propose de faire.

Afficher l'image d'origineLa ville du Caire (القاهرة), qui signifie en arabe « la victorieuse » est l’une des plus grandes villes du Moyen-Orient. Elle compte, en effet, plus de seize millions d’habitants. Sa position en amont du delta du Nil et sur les rives de ce même fleuve ainsi que sa composition, plusieurs îlots, en font également une ville stratégique. Toutefois, cette position stratégique ainsi que cette démographie massive apportent des inconvénients. En effet, Le Caire, pour ses deux aspects, est dite bruyante, polluée et salle. De même, le degré d’inégalités entre riches et pauvres se ressent fortement dans les rues. Enfin le dernier point négatif qu’il faut souligner vis-à-vis de cette ville, c’est l’atmosphère négative voir perverse que les femmes doivent subir au quotidien : ces dernières sont en effet souvent arrêtées dans la rue, harcelées, voire parfois malheureusement violées. Il faut donc lorsqu’on est une femme être très vigilante.

Quant est-il de l’histoire de cette ville ?

Il faut noter que la ville du Caire, âgée de plus de 5 000 ans, se trouve également être l’une des villes les plus anciennes au monde.

D’abord connu sous le nom de Memphis sous l’ère pharaonique, elle devient par la suite Babylone au 7ème siècle sous l’influence chrétienne puis Fostat sous l’influence musulmane. Elle ne revêt son nom actuel, Le Caire, qu’en 969, sous la famille chiite des Fatimides (descendants de Fatima, fille du prophète Mohammed). Pour ce qui est de sa délimitation actuelle, sans compter les bidonvilles et les banlieues autours, il faudra attendre 1173.

Cette superposition culturelle dans le temps peut toujours se voir aujourd’hui au travers des nombreux monuments et quartiers que regorge la ville.

D’ailleurs quels sont les sites principaux à visiter ou à voir au Caire ?

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Le premier lieu qui vient à l’esprit en prenant les récents évènements en compte est la place Tahrir. Elle est le symbole de la Libération depuis la révolution égyptienne de 1919, et a donc été reprise comme tel en 2011 lors du Printemps arabe. Autour d’elle, plusieurs lieux sympathiques comme la rue Taalat Harb où l’on peut y faire notre lèche-vitrine par exemple ou encore le siège de la Ligue Arabe.

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Après, un tour à cette place, les fans d’histoire se plairont au Musée Egyptien d’Antiquités qui dispose d’une collection sur l’ancienne Egypte incroyable.

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En restant, dans l’aspect historique, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller faire un tour dans le vieux Caire (ou quartier Copte) qui garde en mémoire les traces de Byzance. Là-bas des synagogues, des églises et des mosquées cohabitent.

Afficher l'image d'origineSi la culture islamique vous intéresse, le Caire est également un des meilleurs endroits. La citadelle de Saladin est ainsi entourée de centaines de mosquées, tombeaux mais aussi d’écoles islamiques. Plusieurs lieux importants pour les musulmans s’y trouvent également comme : la mosquée el-Hussein, le mausolée de l’imam al-Shafi’i ou encore la tombe de Sayyida Ruqayya.

Qu’en est-il de la 3ème année au Caire ?

Pour les téméraires, ayant décidé d’aller en 3A au Caire, il faut que vous preniez en compte plusieurs détails.

Mais quelles universités du Caire ?

  • The American University in Cairo connue particulièrement pour sa business school. Attention, cette université ne se trouve pas au Caire même mais dans sa périphérie !
  • Le département d’enseignement de l’Arabe contemporain à l’Institut Français. Pas vraiment une université mais plutôt un programme intensif en Arabe (22h à 26h par semaine). De par cette spécificité, le programme est payant (1800 €/an).
  • L’université du Caire qui, elle, est situé en plein Caire. Attention Sciences Po n’a pas signé avec tous les départements de l’université mais seulement avec la faculté d’Economie et de Sciences Politique.

La vie ?

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Tout d’abord, le Caire c’est grand, très grand, donc n’allez pas trouver un logement loin de votre fac car les bouchons sont pires qu’à Paris en heures de pointe.  Le taxi est recommandé pour les déplacements car le réseau cairote de transport est peu pratique. 2 lignes de métro souvent bondé et des bus souvent aux itinéraires aléatoires.

Pour le logement, beaucoup opte pour la collocation, et de nombreux groupes Facebook existent pour cela. Sinon, il faut compter entre 150 à 300 €.

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Quant à la nourriture, il faut compter en général de 30 centimes à 3 € par jour si vous manger dehors.

Les sorties sont elles aussi peu chère pour un européen. Toutefois, les femmes doivent faire particulièrement attention.

Pour vous donner un exemple du change (le 04/02/2017) :

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Les démarches administratives ?

Tout dépend pour quelle option vous optez. L’institut français, par exemple, ne vous donne pas la possibilité d’avoir un Visa étudiant. Il faut donc pour cette option prendre un visa touristique qu’il faudra ensuite renouveler.

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Exposition : Sites Eternels

Le patrimoine oriental en danger

Afficher l'image d'origineMeydane s’est rendue au dernier jour de l’exposition « Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre » au Grand Palais, proposée par le Musée du Louvre.

Cette exposition nous emmène – au travers de projection 3D – sur quatre grands sites archéologiques, classés par l’UNESCOPalmyre, La Mosquée des Omeyyades, le Krak des Chevaliers et Khorsabad – qui ont réussi à se maintenir pendant des siècles, mais qui aujourd’hui se retrouvent grandement menacés tant par la nature que par les conflits au Moyen-Orient.

L’entrée dans cette univers antique se fait par une courte introduction revenant à la fois sur la géographie de ces sites mais également sur le contexte politique de cette région du monde.

Le premier pas dans cette région conflictuelle est donné par la projection de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân (Afghanistan) en 2001 par les talibans. Cette première projection permettant ainsi un premier aperçu de la fragilité des sites archéologiques.

L’introduction passée, nous entrons dans une salle rectangulaire à l’ambiance tamisée. Les projecteurs s’allument et nous sommes plongés en Syrie et en Irak.

Le premier site que nous découvrons est Palmyre.

Le site de Palmyre

Palmyre.PNGLa ville de Palmyre se développe autour du Ier siècle dans l’ouest de l’actuel Syrie. D’abord oasis cavalière, elle devient sous l’influence gréco-romaine une ville commerçante de la faite de son emplacement stratégique. Elle est en effet le carrefour de plusieurs civilisations. Au IVème, elle se transforme en ville de garnison pour l’Empire romain. Deux siècles plus tard, elle est conquise par les musulmans.

Le site de Palmyre s’étend sur 1,1 km. La grande colonnade caractérise cette étendue et est considérée par les archéologues comme l’avenue de la cité permettant aux Palmyriens de rejoindre les principaux bâtiments :
Le temple de Baal constitue l’édifice le plus important du site syrien. Ce temple est construit au début du Ier siècle en l’honneur du dieu Bel. Lors de la conquête de la ville par les musulmans, le temple est converti en mosquée. En 2015, le temple est totalement détruit par les djihadistes.
Le théâtre romain de Palmyre semble être le monument le mieux conservé de Palmyre. Construit au IIe siècle, il reste, jusqu’au début de la guerre civile syrien, un lieu accueillant de nombreux festivals. D’ailleurs, lors de la reconquête de Palmyre en 2016 par l’armée syrienne et russes, un festival y est organisé pour célébrer la victoire contre les djihadistes à Palmyre.
 Le camp de Dioclétien d’abord palais royal arabe avant l’arrivée des romains, il est converti par ces derniers en camp romain. Il n’accueille donc plus les princes mais les légions romaines.
Le temple de Baalshamin est le premier temple de Palmyre puisqu’il est construit aux alentours du IIIe avant J.C. De même que pour le Temple de Baal, le site est entièrement détruit par les djihadistes.
Le temple de Nabu constitue le troisième temple de la cité. Ce qui le différencie des autres, c’est qu’il n’est pas construit sous l’impulsion d’un empereur mais sous l’impulsion de riches familles au IIème siècle.
La vallée des tombes, nécropole de Palmyre, se situe en amont de la cité. On y retrouve de nombreux caveaux familiaux mais également de nombreuses fresques. L’exposition mettant d’ailleurs à disposition l’une de ces fresques.

Au travers de l’exposition, tous ces sites sont parcourus. Cependant ce n’est pas sur l’archéologie de ces bâtiments sur lequel les exposants ont insisté. En effet, chaque découverte d’un site est ensuite suivie de sa composition actuelle. Ainsi, à l’aide de sous-titrage est expliquée la mise à sac et la destruction du site par les djihadistes en 2015.

Pour une visite plus poussée, c’est par ici.

Le site de Khorsabad

Khorsabad.PNGNous sommes ensuite plongés en Irak par le site de Khorsabad.

Ce site, situé au nord de l’Irak, est construit, sous l’empire assyrien de Sargon II en 713 avant J.C, afin de délimiter la nouvelle capitale de l’empire : Dûr-Sharrukin. Cependant, à la mort de ce dernier, la ville est délaissée par l’héritier qui préfère hériter sa propre capitale. Le site n’est redécouvert qu’à la fin du XIXe siècle.

La forteresse s’étendant sur 3 km² est construite en à peine dix ans. Sa position – sur une colline – et ses caractéristiques architecturales – de grands murs de briques recouvert d’albâtre – la rendent imprenables.
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Par ailleurs, la forteresse inspire également la
crainte et les taureaux ailés à têtes humaines placés à chaque entrée ne font que la renforcer. Le lion de bronze couché et rugissant, qui nous est présenté, montre bien que la présence animale dans l’architecture de la forteresse est très importante.

Malheureusement, en 2014, l’extension de l’Etat Islamique au nord de l’Irak conduit à une mise à sac du site ainsi que de nombreuses destructions. L’avant-après réalisé montre que les remparts ainsi que certains bâtiments ont totalement étaient détruits. Par ailleurs, les autres capitales de l’empire assyrienne – Ninive et Nimroud – ont également subi le même sort.

Envie de voir plus ? C’est ici

La grande Mosquée des Omeyyades

la mosquée des Omeyyades.PNGNous retournons ensuite en Syrie, plus précisément nous partons pour la capitale syrienne : Damas, pour contempler la grande Mosquée des Omeyyades.

La mosquée est édifiée sous l’influence de la dynastie des Omeyyades, de confession musulmane, entre 705 et 715, afin de permettre aux musulmans de la ville – toutefois minoritaires à cette époque – de pouvoir avoir accès à un lieu de culte pour la prière du vendredi. Elle prend, en fait, ces racines sur celle de la basilique de Saint Jean-Baptiste.

La mosquée est construite sur une base rectangulaire de 157x100m divisée en deux : pour la cour et pour la salle de prière. La cour est entourée d’un portique. Quant à la salle de prière elle est composée de trois nefs tournées en direction de la Qibla. On peut également y observer trois mihrabs : le premier montrant la direction, le deuxième situé à l’est du premier désigne le « mihrab des compagnons » et le troisième, à l’opposé, est celui des hanbalites. La mosquée est également dotée de trois minarets et de trois édicules, l’un conservant les trésors de la mosquée – notamment les reliques de saint Jean-Baptiste – et les deux autres protégeant des fontaines destinées aux ablutions.

Toutefois ce qui est le plus frappant dans l’architecture de cette mosquée, c’est son décor. En effet, la mosquée est recouverte de mosaïques – l’exposition nous en dévoile l’une d’elle à travers une reproduction –, malheureusement ces dernières ont été très affectées par les différentes catastrophes auxquelles la mosquée a été confrontée. Effectivement, la mosquée va faire l’objet de nombreuses catastrophes : d’abord incendiée en 1069, 1166 et 1174 puis restaurée, elle est ensuite de nouveau incendiée et pillée en 1401 après la prise de Damas par Tamerlan. Enfin, lorsque les ottomans reprennent Damas, la mosquée est recouverte de chaux, dissimulant ainsi la quasi-totalité des mosaïques. Les mosaïques ne seront redécouverte que lors de la restauration, qui suit l’incendie de 1893, ordonnée par le directeur de l’institut français de Damas, Victor Eustache de Lorey.

Possibilité d’avoir une visite virtuelle et plus d’explications ici

Le Krak des chevaliers

le-crac-des-chevaliersLe dernier des sites que l’exposition Sites Éternels nous présente est le Krak des Chevaliers situé dans l’ouest de la Syrie.

D’abord place d’une tour de guet, au XI, où les garnisons kurdes restaient pour protéger des éventuelles attaques occidentales, elle est ensuite prise par les Francs lors des croisades, car sa position, en haut d’une colline, fait d’elle une place stratégique. Ce sont ces derniers qui débuterons la construction de la forteresse que l’on connait aujourd’hui. Toutefois, en 1271, les assauts mamelouks mettront fin à la présence française dans cette forteresse. Les mamelouks s’installeront dans le château et l’aménageront comme base militaire d’abord puis comme bâtiment résidentiel.

Au cours de l’exposition, ce sont les dégâts causés par la guerre civile syrienne qui sont mis en avant. En effet, le château a servi, jusqu’à récemment, de retranchement pour les forces rebelles syriennes. Or, la présence de ces dernières a conduit le régime de Bachar al-Assad a bombardé la forteresse, causant de ce fait de nombreux dégâts irréversibles.

Pour une visite plus approfondit, c’est par ici 

A-WA au Petit Bain

A-WA au Petit Bain

Non, ce n’est pas U2 qui attiré Meydane aux les alentours de Bercy hier, mais une petite salle, sur une péniche, en sous-sol, à l’abris de la foule… A-WA se produisait mercredi soir au Petit-Bain : Meydane y était, et on a adoré !

A-WA, ce sont trois soeurs, d’origine israélienne, qui mixent chants traditionnels, hip-hop, electro et folk dans des chansons sur lesquelles tu n’as d’autre choix que de te déhancher. Leurs grands-parents, juifs originaires du Yémen, leur ont légué cet amour de la culture yéménite, pour notre plus grand plaisir. Trois voix aussi belles les unes que les autres : Tagel a un timbre d’un autre temps, Tair nous offre des vibratos à couper le souffle, et avec Liron elles créent une harmonie vocale enivrante. Leur moto pendant ce concert : « Let’s celebrate the freedom of the hippies ! ». Pourquoi ? On ne sait pas… Un slogan désuet et qui pourtant nous a charmé.

Les trois soeurs chantent ensemble depuis toujours, mais elles ont commencé à se faire connaître avec ce titre, que vous avez peut-être déjà entendu :

Forcément, c’est le morceau qu’on attendait le plus. Forcément, c’est celui qui est arrivé à la fin. Et découvrir le reste de leur oeuvre nous a permis de nous plonger dans le monde A-WA… Monde fait de robes orientales portées avec des Converses, de violons traditionnels accompagnant le synthé, de danseurs de dabkeh en ensemble de jogging Adidas bleu, de hip-hop dansé sur des rythmes traditionnels. Un univers totalement décalé et tellement enivrant qu’on s’est laissé transporté vers un horizon musical nouveau.

Vu leur progression dans les charts, on vous conseille vivement d’aller les voir avant que leur notoriété ne corrompe cette proximité avec le public, qui nous a emmenée danser avec elles sur la scène.

Notre moment préféré : leur rappel accapela qui nous a donné le spectacle flagrant de leur complicité de soeurs… Trop occupés à se danser pour les filmer, on vous partage quand même une vidéo à titre d’exemple de ce que leurs voix peuvent produire : 

Nous, on dit eywa !

Camille S.

« Rita et le fusil » (ريتا و البندقية)

Marcel Khalifé (1950, Amchit, Mont-Liban) est un compositeur, chanteur et oudiste libanais, particulièrement connu pour ses interprétations de poèmes de Mahmoud Darwish, palestinien et figure incontournable de la poésie arabe contemporaine.
Parmi ses interprétations,  » Rita et le fusil  » (ريتا و البندقية) est sûrement l’une des plus poignantes : le poème revient sur l’histoire d’amour (tragique?) qu’aurait vécu le jeune Darwish, musulman palestinien, avec Rita, une juive israëlienne…

« Entre Rita et mes yeux, un fusil
Et celui qui connaît Rita se prosterne
Et adresse une prière
à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel
Moi, j’ai embrassé Rita
quand elle était petite
Je me rappelle comment elle se colla contre moi
Et de sa plus belle tresse couvrit mon bras
Et moi, je me rappelle Rita
Ainsi qu’un moineau se rappelle son étang
Ah Rita!
Entre nous, mille oiseaux, mille images
D’innombrables rendez-vous
criblés de balles par un fusil
Le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête
Le corps de Rita dans mon sang était célébration de noces
Et deux ans durant, je me suis perdue dans Rita
Et deux ans durant, Rita a dormi sur mon bras
Nous prêtâmes serment
autour du plus beau calice, nous brulâmes
dans le vin de (nos) lèvres
et nous ressuscitâmes.
Ah Rita!
Qu’est-ce qui aurait pu éloigner mes yeux des tiens,
Hormis le sommeil
et les nuages couleur de miel,
avant ce fusil ?
Il était une fois
Ô silence du crépuscule
Au matin, ma lune a émigré, loin
dans ces yeux couleur de miel
Et la ville
a balayé tous les aèdes…et Rita.
Entre Rita et mes yeux, un fusil. »

Kenza Sahbaoui