Exposition : Sites Eternels

Le patrimoine oriental en danger

Afficher l'image d'origineMeydane s’est rendue au dernier jour de l’exposition « Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre » au Grand Palais, proposée par le Musée du Louvre.

Cette exposition nous emmène – au travers de projection 3D – sur quatre grands sites archéologiques, classés par l’UNESCOPalmyre, La Mosquée des Omeyyades, le Krak des Chevaliers et Khorsabad – qui ont réussi à se maintenir pendant des siècles, mais qui aujourd’hui se retrouvent grandement menacés tant par la nature que par les conflits au Moyen-Orient.

L’entrée dans cette univers antique se fait par une courte introduction revenant à la fois sur la géographie de ces sites mais également sur le contexte politique de cette région du monde.

Le premier pas dans cette région conflictuelle est donné par la projection de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân (Afghanistan) en 2001 par les talibans. Cette première projection permettant ainsi un premier aperçu de la fragilité des sites archéologiques.

L’introduction passée, nous entrons dans une salle rectangulaire à l’ambiance tamisée. Les projecteurs s’allument et nous sommes plongés en Syrie et en Irak.

Le premier site que nous découvrons est Palmyre.

Le site de Palmyre

Palmyre.PNGLa ville de Palmyre se développe autour du Ier siècle dans l’ouest de l’actuel Syrie. D’abord oasis cavalière, elle devient sous l’influence gréco-romaine une ville commerçante de la faite de son emplacement stratégique. Elle est en effet le carrefour de plusieurs civilisations. Au IVème, elle se transforme en ville de garnison pour l’Empire romain. Deux siècles plus tard, elle est conquise par les musulmans.

Le site de Palmyre s’étend sur 1,1 km. La grande colonnade caractérise cette étendue et est considérée par les archéologues comme l’avenue de la cité permettant aux Palmyriens de rejoindre les principaux bâtiments :
Le temple de Baal constitue l’édifice le plus important du site syrien. Ce temple est construit au début du Ier siècle en l’honneur du dieu Bel. Lors de la conquête de la ville par les musulmans, le temple est converti en mosquée. En 2015, le temple est totalement détruit par les djihadistes.
Le théâtre romain de Palmyre semble être le monument le mieux conservé de Palmyre. Construit au IIe siècle, il reste, jusqu’au début de la guerre civile syrien, un lieu accueillant de nombreux festivals. D’ailleurs, lors de la reconquête de Palmyre en 2016 par l’armée syrienne et russes, un festival y est organisé pour célébrer la victoire contre les djihadistes à Palmyre.
 Le camp de Dioclétien d’abord palais royal arabe avant l’arrivée des romains, il est converti par ces derniers en camp romain. Il n’accueille donc plus les princes mais les légions romaines.
Le temple de Baalshamin est le premier temple de Palmyre puisqu’il est construit aux alentours du IIIe avant J.C. De même que pour le Temple de Baal, le site est entièrement détruit par les djihadistes.
Le temple de Nabu constitue le troisième temple de la cité. Ce qui le différencie des autres, c’est qu’il n’est pas construit sous l’impulsion d’un empereur mais sous l’impulsion de riches familles au IIème siècle.
La vallée des tombes, nécropole de Palmyre, se situe en amont de la cité. On y retrouve de nombreux caveaux familiaux mais également de nombreuses fresques. L’exposition mettant d’ailleurs à disposition l’une de ces fresques.

Au travers de l’exposition, tous ces sites sont parcourus. Cependant ce n’est pas sur l’archéologie de ces bâtiments sur lequel les exposants ont insisté. En effet, chaque découverte d’un site est ensuite suivie de sa composition actuelle. Ainsi, à l’aide de sous-titrage est expliquée la mise à sac et la destruction du site par les djihadistes en 2015.

Pour une visite plus poussée, c’est par ici.

Le site de Khorsabad

Khorsabad.PNGNous sommes ensuite plongés en Irak par le site de Khorsabad.

Ce site, situé au nord de l’Irak, est construit, sous l’empire assyrien de Sargon II en 713 avant J.C, afin de délimiter la nouvelle capitale de l’empire : Dûr-Sharrukin. Cependant, à la mort de ce dernier, la ville est délaissée par l’héritier qui préfère hériter sa propre capitale. Le site n’est redécouvert qu’à la fin du XIXe siècle.

La forteresse s’étendant sur 3 km² est construite en à peine dix ans. Sa position – sur une colline – et ses caractéristiques architecturales – de grands murs de briques recouvert d’albâtre – la rendent imprenables.
Afficher l'image d'origine

Par ailleurs, la forteresse inspire également la
crainte et les taureaux ailés à têtes humaines placés à chaque entrée ne font que la renforcer. Le lion de bronze couché et rugissant, qui nous est présenté, montre bien que la présence animale dans l’architecture de la forteresse est très importante.

Malheureusement, en 2014, l’extension de l’Etat Islamique au nord de l’Irak conduit à une mise à sac du site ainsi que de nombreuses destructions. L’avant-après réalisé montre que les remparts ainsi que certains bâtiments ont totalement étaient détruits. Par ailleurs, les autres capitales de l’empire assyrienne – Ninive et Nimroud – ont également subi le même sort.

Envie de voir plus ? C’est ici

La grande Mosquée des Omeyyades

la mosquée des Omeyyades.PNGNous retournons ensuite en Syrie, plus précisément nous partons pour la capitale syrienne : Damas, pour contempler la grande Mosquée des Omeyyades.

La mosquée est édifiée sous l’influence de la dynastie des Omeyyades, de confession musulmane, entre 705 et 715, afin de permettre aux musulmans de la ville – toutefois minoritaires à cette époque – de pouvoir avoir accès à un lieu de culte pour la prière du vendredi. Elle prend, en fait, ces racines sur celle de la basilique de Saint Jean-Baptiste.

La mosquée est construite sur une base rectangulaire de 157x100m divisée en deux : pour la cour et pour la salle de prière. La cour est entourée d’un portique. Quant à la salle de prière elle est composée de trois nefs tournées en direction de la Qibla. On peut également y observer trois mihrabs : le premier montrant la direction, le deuxième situé à l’est du premier désigne le « mihrab des compagnons » et le troisième, à l’opposé, est celui des hanbalites. La mosquée est également dotée de trois minarets et de trois édicules, l’un conservant les trésors de la mosquée – notamment les reliques de saint Jean-Baptiste – et les deux autres protégeant des fontaines destinées aux ablutions.

Toutefois ce qui est le plus frappant dans l’architecture de cette mosquée, c’est son décor. En effet, la mosquée est recouverte de mosaïques – l’exposition nous en dévoile l’une d’elle à travers une reproduction –, malheureusement ces dernières ont été très affectées par les différentes catastrophes auxquelles la mosquée a été confrontée. Effectivement, la mosquée va faire l’objet de nombreuses catastrophes : d’abord incendiée en 1069, 1166 et 1174 puis restaurée, elle est ensuite de nouveau incendiée et pillée en 1401 après la prise de Damas par Tamerlan. Enfin, lorsque les ottomans reprennent Damas, la mosquée est recouverte de chaux, dissimulant ainsi la quasi-totalité des mosaïques. Les mosaïques ne seront redécouverte que lors de la restauration, qui suit l’incendie de 1893, ordonnée par le directeur de l’institut français de Damas, Victor Eustache de Lorey.

Possibilité d’avoir une visite virtuelle et plus d’explications ici

Le Krak des chevaliers

le-crac-des-chevaliersLe dernier des sites que l’exposition Sites Éternels nous présente est le Krak des Chevaliers situé dans l’ouest de la Syrie.

D’abord place d’une tour de guet, au XI, où les garnisons kurdes restaient pour protéger des éventuelles attaques occidentales, elle est ensuite prise par les Francs lors des croisades, car sa position, en haut d’une colline, fait d’elle une place stratégique. Ce sont ces derniers qui débuterons la construction de la forteresse que l’on connait aujourd’hui. Toutefois, en 1271, les assauts mamelouks mettront fin à la présence française dans cette forteresse. Les mamelouks s’installeront dans le château et l’aménageront comme base militaire d’abord puis comme bâtiment résidentiel.

Au cours de l’exposition, ce sont les dégâts causés par la guerre civile syrienne qui sont mis en avant. En effet, le château a servi, jusqu’à récemment, de retranchement pour les forces rebelles syriennes. Or, la présence de ces dernières a conduit le régime de Bachar al-Assad a bombardé la forteresse, causant de ce fait de nombreux dégâts irréversibles.

Pour une visite plus approfondit, c’est par ici 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s